Marie-Pierre Caille | « Il faut goûter à tout avec modération »

Marie-Pierre Caille | "Il faut goûter à tout avec modération" | Photo Nicolas  Jose | www.epicuriendusud.com

Il y a 10 ans, le Château Mentone, situé à Saint-Antonin-du-Var, était une propriété viticole en perte de vitesse. Une femme a tout quitté  pour lui redonner une seconde vie… 

Cette femme, c’est Marie-Pierre Caille. En 2003, elle visite Château Mentone et décide de quitter sa vie lyonnaise bien remplie pour se lancer dans l’aventure du vin et de l’oenotourisme. Un pari risqué qui commence à payer. Elle a accepté de répondre aux questions d’Épicurien du Sud.

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Épicurien du Sud : Qu’est-ce qui vous a poussé en 2003 à racheter Château Mentone ?

Marie-Pierre Caille : Tout est une question de coup de cœur. Je suis tombé amoureuse de ce lieu après l’avoir visité. Mais après le coup de cœur , il y a un retour à la réalité qui n’est pas toujours très simple. C’est une propriété où il n’y avait plus de réseau commercial, le vignoble et les bâtiments étaient dans un état très fatigué. On a eu quelques années difficiles pour redresser la barre.  Aujourd’hui c’est un domaine qui a retrouvé une certaine notoriété. Deux raisons, la qualité des vins, en bio et le développement de l’oenotourisme.

Ce qui nous a semblé intéressant à Château Mentone, c’est le potentiel immobilier

EDS: L’oenotourisme c’est un passage obligé pour vendre du vin ?

M-P. C. : L’appellation oenotourisme est assez récente mais c’est une très vieille histoire de voir un vigneron accueillir du public à sa propriété. Ce qui nous a semblé intéressant à Château Mentone, c’est le potentiel immobilier, à peu prés 5000 mètres carré de bâtiments. Déjà dans les années 70, plus de 30 000 bouteilles étaient vendues chaque année à la propriété. Nous sommes allé plus loin en ouvrant chambres et tables d’hôtes, gîte, Spa, salle de réception. C’est un outil marketing fort pour pouvoir vendre du vin.

EDS : Ça change quoi une femme à la tête d’un domaine viticole ?

M-P. C. : En terme de résultat, ça ne change pas grand-chose. Quand le potentiel et les techniciens sont là, peu importe le ou la propriétaire. Après dans l’approche oenotouristique, la manière de parler du vin, il y a un côté féminin, une sensibilité peut-être plus exacerbée. Mais certains hommes font ça aussi très bien. Mais je ne suis pas seule, nous avons crée une association « Les éléonores de Provence » présidée par Valérie Riboud de Château Roubine. Nous sommes 35 viticultrices pour promouvoir l’art de vivre en Provence.

EDS : Un mot de la gamme du Château Mentone ?

M-P. C. : La gamme est très simple. Il y a 3 catégories différentes, tous en Agriculture Biologique et Demeter*. Il y a un rosé contemporain que l’on retrouve en grande distribution. Après il y a la trilogie avec un rosé, un blanc et un rouge de terroir. Et puis comme l’arrière pays varois est une terre de vin rouge, nous avons un rouge de garde baptisé Excellence.

EDS : Si vous aviez un message à adresser aux consommateurs ?

M-P. C. : Soyez curieux, n’ayez pas de préjugé. Il faut goûter à tout avec modération, surtout en Côtes de Provence. C’est une appellation très vaste, qui regroupe des terroirs et des territoires différents. Du bord de mer à l’arrière pays varois, il y a vraiment des saveurs différentes, des façons de travailler différentes. Mais surtout restez curieux.

Demeter : Demeter est la marque qui permet de reconnaître les produits issus de l’agriculture bio-dynamique.

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Qui se cache derrière Épicurien du Sud ?

Jeremy Capitano est journaliste spécialisé en cuisine, vin et gastronomie. Début 2013, il crée epicuriendusud.com. Il y propose une sélection rigoureuse de restaurants, vins, et produits du terroir qui répondent à la même exigence : la recherche et le partage du plaisir.

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