Jean-Jacques Bréban | « Le cœur du marché des vins rosés c’est 5 euros »

Jean-Jacques Bréban | "Le cœur de marché des vins rosés c'est 5 euros" | www.epicuriendusud.com

Après un premier mandat de 2006 à 2009, Jean-Jacques Bréban préside à nouveau le Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence. Issu de la filière négoce (Vins Bréban), l’homme est un militant de la qualité et de la promotion des vins produits sur les 3 appellations régies par le CIVP. 

De passage à l’Hostellerie de l’Abbaye de La Celle (83) pour la présentation du millésime 2014 des Coteaux Varois en Provence, il a accepté de répondre aux questions d’Épicurien du Sud.

———————————————

Épicurien du Sud : Quelle est aujourd’hui l’ADN des Vins de Provence ?

Jean-Jacques Bréban : Ce sont des vins multiples qui ne se résument pas qu’aux vins rosés. Et même dans les rosés de Provence, il y a des subtilités importantes en fonction des terroirs, des appellations, de la griffe de chaque vigneron. Une pluralité qui n’entame en rien leur qualité.

 Aujourd’hui il y a des rosés de garde, des rosés de gastronomie.

EDS : Et pourtant les lobbies européens militent pour une unité des dénominations.

JJ. B. : Oui mais tenons bon. Par exemple dans l’appellation Côtes de Provence il y a des appellations « terroir » (prochainement Notre Dame des Anges) dont nous sommes fiers. Des vins qui se consomment et se conservent différemment. Aujourd’hui il y a même des rosés de garde, des rosés de gastronomie.

EDS : Que peut-on dire du millésime 2014 pour les vins rosé de Provence ?

JJ. B. : C’est un millésime compliqué avec des vendanges qui ont duré très longtemps. Beaucoup de pluie en septembre, des pauses, et donc un maximum de travail lors de la vinification. Mais force est de constater que ce millésime est bien présent sur le marché avec une qualité remarquable.

EDS : Comment se porte justement ce marché des vins rosé de Provence ?

JJ. B. : Le marché national a été un peu frileux l’an passé avec le mauvais temps, des élections et une morosité économique réelle. Par contre il y a une percée non négligeable à l’exportation. Nous avons investi le marché américain sur lequel nous étions quasiment absent il y a encore 5 ans. Aujourd’hui c’est notre premier marché à l’export avec une progression de +27%.

On peut aisément consommer les rosés de Provence de l’apéritif au dessert.

EDS : Le rosé, vin de gastronomie, c’est une réalité ?

JJ. B. : De grandes maisons misent aujourd’hui sur le rosé de Provence pour leur carte des vins. C’est le cas ici à l’Hostellerie de l’Abbaye de La Celle chez Alain Ducasse. Et puis nos rosés de Provence se marient bien avec une cuisine de plus en plus légère même sur des viandes. On peut aisément consommer les rosés de Provence de l’apéritif au dessert.

EDS : Au delà de leur qualité, comprenez-vous la réticence des consommateurs à dépenser « trop » pour s’offrir une bouteille de rosé ?

JJ. B. : Il est vrai qu’aujourd’hui les vins de Provence ne font plus les fonds de rayon, ne constituent plus les prix les plus bas. La qualité a augmenté, les prix aussi. Nous demandons à nos adhérents de maîtriser cette hausse. Vendre des vins rosés 15 ou 20 euros, pourquoi pas, mais ce n’est pas le cœur du marché, le cœur du marché c’est 5 euros. Le consommateur doit s’y retrouver sinon il y aura une perte de confiance.

EDS : Si Jean-Jacques Bréban n’était qu’un seul ingrédient de cuisine ?

JJ. B. : Un poisson à la plancha avec un verre de rosé de Provence.

EDS : Si Jean-Jacques Bréban n’était qu’un seul ustensile de cuisine ?

JJ. B. : Une louche, pour déguster avant de servir.

———————————————

Qui se cache derrière Épicurien du Sud ?

Jeremy Capitano est journaliste spécialisé en cuisine, vin et gastronomie. Début 2013, il crée epicuriendusud.com. Il y propose une sélection rigoureuse de restaurants, vins, et produits du terroir qui répondent à la même exigence : la recherche et le partage du plaisir.

Retrouvez également sur epicuriendusud.com les rendez-vous gourmands du Sud de la France, de délicieuses recettes ainsi que les témoignages de ceux qui font l’actualité cuisine, vin et gastronomie.

Commentez